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Ozempic, Wegovy, Mounjaro : pourquoi voir une diététicienne ?

17 juil.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 juil.

Les analogues du GLP-1/GLP (sémaglutide - Ozempic / Wegovy , tirzepatide - Mounjaro...) transforment la prise en charge du poids : moins de faim, satiété plus rapide, perte de poids souvent spectaculaire. Mais cette efficacité a un revers qu'on ne peut pas ignorer : la perte de masse musculaire.



Le problème : perdre du poids, pas du muscle

C'est un point que je surveille systématiquement en consultation à Pertuis, dès les premières semaines de traitement:

Les études le montrent clairement : dans les essais récents, la perte de tissu maigre représente 26 à 40 % du poids total perdu. Un chiffre bien supérieur à ce qu'on observe avec une perte de poids "classique".


Pourquoi ? Trois mécanismes se combinent :

  • Moins d'apports : l'appétit chute, les quantités ingérées aussi — protéines comprises.

  • Terrain hormonal catabolique : la baisse de l'insuline associée à une sécrétion accrue de glucagon pousse le métabolisme vers la dégradation musculaire.

  • Moins d'activité : la fatigue ou la satiété précoce réduisent parfois l'activité physique spontanée, ce qui prive le muscle du stimulus nécessaire à son maintien.



La protéine, pilier de l'accompagnement

Les études sont assez unanimes : sous GLP-1, il faut viser au moins 1,2 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour contre 0,8 g/kg en temps normal.


En pratique, avec un appétit réduit, cela suppose :

  • Prioriser les protéines à chaque repas, même petit — quitte à les servir en premier dans l'assiette.

  • Répartir les apports sur la journée plutôt que les concentrer sur un seul repas que le patient ne finira pas.

  • Penser aux formes faciles à consommer : produits laitiers riches en protéines, œufs, poissons gras, légumineuses mixées, éventuellement une poudre protéinée en dépannage.


Ne pas oublier les micronutriments

La baisse des volumes ingérés, associée aux nausées fréquentes en début de traitement, expose à des carences : les inadéquations en micronutriments, déjà fréquentes chez les personnes en situation d'obésité, peuvent être aggravées par la baisse des apports, les nausées ou les vomissements sous traitement.


Et l'activité physique ?

Impossible de dissocier nutrition et mouvement : le renforcement musculaire reste le complément indispensable. Les recommandations actuelles suggèrent un travail en résistance 2 à 3 fois par semaine, mouvements composés (squats, fentes, pompes), en charge progressive.


Le médicament seul ne suffit pas

C'est un point essentiel, trop souvent minimisé : la molécule fait le travail sur l'appétit, pas sur les habitudes alimentaires. Sans accompagnement, le risque est double : perte musculaire d'un côté, absence de changement durable de l'autre. Le jour où le traitement s'arrête — ou même en cas de simple plateau — les anciens comportements alimentaires reprennent le dessus, et le poids perdu revient souvent, sans les bénéfices structurels d'une rééducation alimentaire.


C'est exactement le même constat qui a fait évoluer la prise en charge en chirurgie bariatrique : l'intervention seule ne garantit ni le maintien du poids ni la qualité de la perte pondérale. Le suivi diététique y est aujourd'hui systématique et considéré comme un pilier du parcours, au même titre que l'acte chirurgical. Les GLP-1 doivent suivre la même logique : ce sont des outils puissants, mais qui doivent s'inscrire dans une prise en charge structurée, avec un(e) diététicien(ne) pour :


  • rééduquer progressivement les repères alimentaires (structure des repas, choix des aliments, gestion des textures en cas de nausées),

  • sécuriser les apports en protéines et micronutriments,

construire des habitudes qui tiendront après l'arrêt ou l'allègement du traitement.


Le GLP-1 ouvre une fenêtre métabolique favorable. C'est cette fenêtre qu'il faut mettre à profit pour installer de vrais changements — pas seulement pour perdre du poids plus facilement le temps du traitement. C'est exactement ce travail que je mène en consultation à Pertuis avec mes patients sous GLP-1 : sécuriser les apports pendant le traitement pour construire des résultats qui tiennent après l'arrêt.


En résumé

Le GLP-1 n'est pas qu'une question de molécule : c'est un changement métabolique qui demande un accompagnement nutritionnel dédié, avec des apports protéiques suffisants, une surveillance des micronutriments, une activité physique adaptée — et surtout, un vrai travail sur les habitudes alimentaires. Comme en chirurgie bariatrique, le suivi diététique n'est pas une option annexe : c'est la condition d'une perte de poids réussie et durable. C'est précisément là que l'intervention d'une diététicienne fait la différence entre "perdre du poids sous traitement" et "changer durablement sa relation à l'alimentation".




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